Spécial Energie
Point de vue 1
Pile à combustible : un marché qui doit encore mûrir
Rail & Recherche n°32 - juillet/août/septembre 2004
« Nous nous positionnons sur des marchés précurcseurs qui nous aident à mûrir nos technologies »
Les avantages intrinsèques de la pile à combustible (PAC) sont de deux ordres. En premier lieu, sa performance : sa supériorité technologique réside dans la séparation entre la fonction destinée à la consommation immédiate (la puissance) et la fonction assurant la durée de la consommation (l’énergie).
Ce dispositif électrochimique à haut rendement énergétique consomme de l’hydrogène (stocké ou reformé en ligne) et de l’oxygène (stocké ou consommé dans l’air). Par rapport aux batteries, il possède donc une très grande autonomie. Second atout : ses vertus écologiques. La PaC fournit électricité et chaleur en rejetant de l’eau, sans aucun bruit. Ce qui lui confère un vrai intérêt pour tout ce qui est lié à la problématique urbaine. Afin de continuer à progresser, la technologie de la PaC a besoin de se confronter à des besoins industriels réels. D’où cette phase actuelle dédiée à l’expérimentation de la PaC sur des marchés précurseurs.
Par exemple : comment augmenter la capacité de temps de plongée d’un sous-marin ? Comment fournir électricité et chauffage aux bâtiments résidentiels et collectifs ? Comment propulser véhicules individuels et collectifs en minimisant les pollutions ? Comment alimenter en continu des sites isolés derrière une production éolienne ou voltaïque ? Quelle alternative aux groupes électrogènes pour suppléer un réseau électrique défaillant ? Cette dernière filière devrait intéresser les secteurs d’activité les plus divers. La logique du groupe de secours — Projet ASIPAC, Alimentation sans interruption à PaC, labellisé par le réseau PACo* — s’applique en effet à l’hôpital pour ses salles d’opération, à la banque pour ses systèmes d’information, au transport voyageurs pour assurer le confort thermique et l’éclairage des voitures voyageurs en cas de rupture de caténaire.
Parallèlement à la production expérimentale, de nouvelles ruptures technologiques doivent être recherchées, notamment pour abaisser les coûts et aller vers une production d’hydrogène sans génération de CO2. Un enjeu essentiel pour la technologie de type PEM (Protons Exchange Membrane) qui a besoin d’un hydrogène de grande pureté pour être efficace. D’un meilleur rendement et non génératrice de CO2, cette solution est particulièrement intéressante pour le transport urbain.
Patrick Bouchard,PDG de la société Hélion, filiale de Technicatome du groupe Areva


