Plan du site

Spécial Energie

Interview 3
1 question à Thierry Cami, responsable de l’Unité moteur thermique Diesel au Centre d’ingénierie du matériel - SNCF
Rail & Recherche n°40 - juillet/août/septembre 2006

Pourquoi la Recherche SNCF doit-elle s’impliquer dans les biocarburants ?

L’usage des biocarburants dans le ferroviaire est encore peu exploré. La SNCF doit construire sa propre expertise dans ce domaine. On sait par exemple que le B30 a un pouvoir calorifique moindre que le gazole. Cela augmentera vraisemblablement la consommation des engins et nécessitera des réglages spécifiques des moteurs pour y remédier. Le démarrage par très grand froid est une autre préoccupation : la température limite de filtrabilité du B30 est en principe de 12 °C. Cette donnée, ainsi que la capacité des engins diesels à démarrer par leurs propres moyens, sont à vérifier.

L’expérimentation nous en dira plus. Elle est aussi nécessaire pour tester l’innocuité du biocarburant sur certains matériaux, notamment les élastomères des liaisons souples. Des tests en laboratoire nous apprendront également si les parties métalliques sont attaquées par une éventuelle oxydation.

Quant au B100, il nécessite un projet de recherche à part entière car notre expérience du B30 ne lui sera pas transposable. Il est probable que ses caractéristiques physico-chimiques imposent des adaptations structurelles des moteurs. Ce qui nous amènerait à devoir modifier nos cahiers des charges auprès des constructeurs.