Plan du site

Spécial Energie

Article 3
Conduite économique : la traction en première ligne
Rail & Recherche n°40 - juillet/août/septembre 2006

Les conducteurs sont sensibilisés aux économies d’énergie dès leurs débuts. "La conduite économique" figure en bonne place dans leur livre de formation. Un train pèse lourd, et apprendre à maîtriser sa vitesse aura un impact tant sur la consommation d’énergie que sur l’usure du matériel : composants électriques, moteurs et garnitures. Sur leur fiche de conduite, les conducteurs disposent, km par km, d’indications de vitesse à réaliser afin de respecter les limitations et l’horaire. Pour économiser l’énergie, la mention ME, marche sur l’erre, signifie au conducteur le moment où l’énergie cinétique accumulée par le train est suffisante pour le maintenir dans la vitesse et l’horaire souhaités, sans utiliser les moteurs.

Si les "banlieusards" qui roulent rarement sur signaux ouverts n’ont pas cette possibilité, tous les conducteurs de fret, grandes lignes et TGV exploitent ce type de conduite. "Le métier joue beaucoup", dit Fabien Maitrot, auditeur traction, qui précise aussi qu’on ne peut séparer la conduite des autres intervenants (concepteurs de sillons, exploitants, matériel…). S’il vaut mieux ralentir un train que l’arrêter — le "décollage" étant extrêmement gourmand en énergie —, garantir la fluidité du trafic par une meilleure interaction des zones de régulation permettrait des économies d’énergie appréciables. En Allemagne, l’affichage de la vitesse en cabine permet de ralentir les trains en amont d’un arrêt ou d’un incident. En France, la Recherche SNCF mène actuellement un projet de fluidification plus ambitieux, basé sur des principes différents, qui devrait bientôt être expérimenté. Enfin, nouveaux entrants et Europe obligent, les motrices devraient être bientôt équipées d’un compteur de consommation. Les conducteurs sauront si leur conduite aura été, ou non, économique…