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Le traitement de l'image

Interview 1
3 questions à... Alain Ricros, I2S
Rail & Recherche n°30 - janvier/février/mars 2004

Alain Ricros, Président de la société I2S, de Bordeaux, spécialisée dans la vision industrielle.

Rail & Recherche : Que fait votre société dans le domaine de la vision industrielle ?
Alain Ricros : i2S est le premier distributeur français de composants et de systèmes d’acquisition et de traitement d’images, développés par les fabricants majeurs, leaders mondiaux dans leurs domaines. Par ailleurs, notre société conçoit, fabrique et commercialise, en Europe, en Amérique et en Asie, des systèmes de vision “prêts à l’emploi”, spécialisés dans la mesure et le contrôle qualité. L’une de nos spécialités, c’est la détection automatique des défauts sur des productions à défilement continu (papier, non-tissé, film plastique), par acquisition d’images issues de caméras linéaires de très haute résolution, de l’ordre de 40 000 points sur 2 m de large, et leur traitement en temps réel à très grande vitesse, jusqu’à 2000 m/min.

Par exemple, notre système de traitement d’images dernier-né, baptisé Flaw Scan, est capable d’acquérir et de prétraiter les images issues de deux caméras linéaires à 60 000 lignes par seconde, de sélectionner celles qui sont pertinentes, puis de les traiter et de les envoyer en temps réel sur le réseau informatique de l’usine, pour alarme, affichage et suivi statistique.

R & R : Quel rapport avec l’exploitation ferroviaire ?
A. R. : Grâce à son expertise sur processus défilant, i2S a pu réaliser des prises d’images en haute définition de trains en marche. En 2002, une campagne d’essais à la gare de triage de Bordeaux a démontré la faisabilité de l’acquisition d’images lisibles des plaques d’identification des wagons. Plus récemment, nous avons réussi l’acquisition d’images, tout aussi lisibles, du numéro d’une motrice de TGV circulant à 300 km/h. Aujourd’hui, nous sommes prêts à participer et à apporter notre expertise à la deuxième phase de ces projets : la reconnaissance optique des caractères (OCR). L’OCR repose surtout sur l’utilisation des réseaux de neurones, une technique d’intelligence artificielle. Mais son efficacité se heurte à la lisibilité des plaques d’identification, dégradées par l’usure, les salissures ou les tags. À i2S, nous pensons que la technique de reconnaissance vectorielle de l’objet, le Geometric Model Finder (GMF), pourrait nous aider à reconstituer les chiffres et les lettres pour les rendre lisibles et reconnaissables.

R & R : Quelles perspectives cela offre-t-il ?
A. R. : Nous entrons dans une nouvelle époque du traitement de l’image. Jusqu’à présent, il y avait, en simplifiant, deux mondes : d’un côté, celui des arts graphiques, habitué à manipuler des vecteurs pour créer des images en trois dimensions, de l’autre, celui du traitement du signal, habitué à travailler sur l’image. Aujourd’hui, ces deux mondes tendent à se rejoindre.