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Le confort

Projet 7
Améliorer le confort des sièges dans les trains
Rail & Recherche n°35 - avril/mai/juin 2005

Banal en apparence, le siège occupe une part grandissante dans l’appréciation comparative du confort entre les différents modes de transport. Une bonne raison pour que la SNCF s’y intéresse de très près et cherche à en faire un élément fort de différenciation, que ce soit par rapport aux autres modes ou aux autres entreprises ferroviaires.

Issues des recherches menées par le secteur automobile il y a une vingtaine d’années, les spécifications des sièges SNCF devaient être modernisées. “Nous pensons qu’il existe une marge de progrès non négligeable, ce qui nous pousse à clarifier nos exigences vis-à-vis des fournisseurs”, explique Sylvie Guerrand, responsable des projets Confort. Tel est l’objectif d’Acosius (Amélioration du confort des sièges des usagers), qui s’intéresse au “confort postural”, avec une question centrale : “Quelles variations et quels réglages proposer aux voyageurs pour qu’ils trouvent la position la plus confortable possible par rapport à leur morphologie et aux courbures naturelles de leur colonne vertébrale ?” La SNCF a décidé de se lancer dans ce projet pour diverses raisons : “Parce que le siège, élément majeur du confort à bord, devient un enjeu concurrentiel. Parce que l’activité du voyageur pendant un trajet ferroviaire induit des postures très différentes de celles observées durant un trajet en voiture, par exemple. Enfin parce que la SNCF a l’ambition de prendre en compte l'évolution et la diversité morphologique de la population.”

Les partenaires du projet Acosius

Le projet Acosius est piloté par la SNCF, en partenariat avec les universités de Nanterre et Paul-Sabatier de Toulouse, et avec l’appui de Cogitobio, société d’ingénierie rassemblant des compétences en biomécanique, médecine, ostéopathie, posturologie. Le projet est subventionné par le ministère des Transports dans le cadre du Predit.

Hypothèses et modélisation

Pour définir le confort postural, encore faut-il pouvoir cerner au plus près ce qui y fait obstacle. Guidé par une société spécialisée en biomécanique et posturologie, le groupe de travail a émis des hypothèses sur les éléments qui, dans la configuration des sièges, sont susceptibles d’influer fortement sur le confort de la posture : longueur et hauteur d’assise, hauteur et épaisseur du renfort lombaire, dureté des mousses, pas du siège, hauteur et inclinaison des dossiers, appuie-tête et repose-pieds, accoudoirs… Il fallait ensuite passer ces paramètres au crible de l’expérimentation. Trois types de sièges représentatifs de la gamme SNCF, du plus simple au plus confortable, ont été sélectionnés : MI2N transilien, TER2N, TGV R 2e classe. Puis les colonnes vertébrales de 60 volontaires, répartis par sexe, âge et indice de masse corporelle, ont été radiographiées, pour être numérisées en vue de constituer des modèles paramétriques. “Nous avons veillé à ce que le panel soit représentatif de la population et des différences de courbures de colonnes vertébrales, qui influent notamment sur la posture assise.” L’expérimentation elle-même consiste à analyser les réactions des 60 personnes en position assise pendant 15 minutes sur les trois types de sièges, afin de repérer les situations d’inconfort et de recueillir le maximum d’informations liées à ces situations. Des caméras vidéo reliées à des capteurs enregistrent les changements de position des personnes et les coordonnées des points anatomiques, afin de reconstituer la posture exacte liée à la sensation d’inconfort. Simultanément, l’activité musculaire du torse et les zones de pression entre la personne et le siège sont mesurées.

Perspectives

Muni de ces trois types de données — paramètres des sièges, modélisation des colonnes vertébrales et variations des mesures d’inconfort — le groupe de travail va s’atteler au dépouillement des résultats et à leur analyse croisée. Les conclusions de cette première étape expérimentale sont attendues pour fin 2005. À terme, elles seront mises en perspective avec les études menées sur le siège dans le cadre du concept-train et les travaux lancés sur le “siège intelligent”. La somme des résultats devrait aboutir à l’élaboration d’un prototype de siège associant design prospectif, systèmes d’information et gestion du confort postural. Affaire à suivre…