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Le confort

Point de vue 7
Vers un marketing olfactif ?
Rail & Recherche n°23 - avril/mai/juin 2002

Notre métier de base consiste à transporter des données sensorielles. Ce fut d'abord le son, puis les images, enfin le toucher avec l'haptique*. Le développement d'Internet nous a conduits tout naturellement à nous intéresser à la transmission des odeurs.

Aujourd'hui, nous sommes en mesure de proposer des services fondés sur le déclenchement de senteurs à distance. La technique est encore très perfectible. L'ambition ? Mettre en place d'ici quatre à cinq ans une chaîne de transmission des formules des odeurs que l'ordinateur récepteur sera capable de reconstituer. À cet horizon, il n'est pas irréaliste d'imaginer des capteurs sur le marché de Marrakech, récupérant les senteurs d'épices qui seront ensuite synthétisées avant d'être transmises sous forme numérisée. Au bout de la chaîne, l'internaute, en consultant la rubrique Maroc de son agence de voyages, activera les formules des odeurs, qui seront analysées et restituées par son ordinateur personnel. La principale difficulté ? Le volume des données à traiter ! Alors que trois couleurs de base suffisent pour restituer toute la gamme chromatique, il faut plusieurs centaines de molécules pour couvrir le champ olfactif. D'où la nécessité de miniaturiser les capteurs.

* Technique de restitution à distance des sensations liées à la préhension des objets.

Transmettre les senteurs du site vins de Bourgogne : comment ça marche ?

Côté récepteur : l’internaute adjoint à son ordinateur des enceintes olfactives qu’il charge avec la dizaine de cartouches de senteurs nécessaires à la consultation du site : vanille, mûre, fleur, genêt, cave… Durant la promenade virtuelle proposée par le site, les cartouches libèrent les senteurs correspondant aux rubriques consultées : vignobles, caves, dégustation... Côté émetteur : le serveur du site transmet les paramètres d’activation du diffuseur et des odeurs qui sont reconnus par l’ordinateur du récepteur. Les contraintes matérielles, notamment la nécessité de changer les cartouches des enceintes en fonction des applications consultées, en limitent l’utilisation. Des services prometteurs donc, mais en l’état actuel plutôt destinés au monde professionnel...

Jacques Messager, responsable du projet "Senteurs" à France Télécom Recherche et Développement.