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La voie, un ensemble complexe

Interview 2
"Tirer le meilleur parti du réseau ferré par la recherche" : interview de Jean Lux, Responsable exploitation & maintenance à RFF
Rail & Recherche n°24 - juillet/août/septembre 2002

Responsable de l’exploitation et de la maintenance, Jean Lux est à la tête d’une équipe d’une quinzaine d’experts. Ce cheminot âgé de 54 ans, qui a fait l’essentiel de sa carrière à l’Équipement, a rejoint RFF dès la création de l’établissement.

RFF (Réseau ferré de France) finance les programmes de recherches, d’études et d’essais sur l’infrastructure ferroviaire, pour “tirer le meilleur parti du réseau existant”, comme l’explique Jean Lux, directeur adjoint du réseau ferré à RFF.

La maîtrise d’œuvre d’une partie de ces programmes est assurée par la SNCF, aux termes d’une convention annuelle de recherche. Maintien en bon état du patrimoine, spécifications pour l’interopérabilité des réseaux… Autant de domaines où la direction de la Recherche et de la Technologie de la SNCF mène des projets ambitieux.

Rail & Recherche : De quels principes s’inspire l’action de RFF ? Sur quels thèmes mettez-vous l’accent ?
Jean Lux : Cette action est au service de notre mission première, à savoir : tirer le meilleur parti du réseau existant. Une mission qui passe en premier lieu par l’optimisation de la gestion des capacités. Beaucoup de chercheurs travaillent sur ce thème – qui ne fait pas partie de la convention de recherche passée avec la SNCF –, il y a un foisonnement d’outils et de prestataires. Tirer le meilleur parti du réseau, cela passe également par le maintien en bon état du patrimoine, c’est-à-dire de la voie, des ouvrages d’art, de la signalisation… Autre sujet central, les recherches menées sur les capteurs intelligents pour prévenir les pannes. Dans ce domaine, pour nous, les recherches n’avancent pas assez vite ! Ce n’est pas l’argent qui manque, mais la ressource humaine : nous voudrions que les équipes de la SNCF puissent se mobiliser plus sur ce sujet. L’introduction de l’informatique dans la signalisation est un autre thème privilégié, dans le cadre du projet Euroin- terlocking de l’UIC. Mais ce n’est plus de la recherche à proprement parler : nous nous donnons les moyens de collaborer avec la SNCF pour produire des cahiers des charges permettant d’acheter des techniques de pointe dans de bonnes conditions.

R & R : De plus en plus de matériels étrangers vont rouler sur votre réseau. Quelles recherches une telle révolution nécessite-t-elle ?
J. L. : Je citerai, par exemple, l’étude lancée en 2001 par RFF avec la SNCF pour définir les conditions du dé ploiement du système de contrôle et de commande ERTMS* sur le futur réseau transeuropéen de fret ferroviaire. L’interopérabilité suppose une spécification des conditions d’admission des véhicules sur le réseau. Dans ce but, nous finançons des recherches sur la modélisation et la simulation des efforts exercés sur la voie par les véhicules, recherches menées par la SNCF avec des instituts de recherche. Nous finançons également un programme de mesures en dynamique de la qualité du shuntage** du circuit de voie, pour spécifier les conditions de la compatibilité des matériels avec nos circuits.

R & R : En tant que maître d’ouvrage du programme de recherche, êtes-vous satisfait des conditions de la collaboration avec la SNCF, le maître d’œuvre ?
J. L. : Ces conditions ne cessent de s’améliorer, mais RFF souhaiterait aller plus loin. Nous avons demandé à entrer dans le “réseau de la recherche” de la SNCF au sein du groupe “infrastructure”. Nous y voyons en effet un moyen privilégié de travailler ensemble de façon plus approfondie sur les priorités et les finalités du programme de recherche.

* European Rail Traffic Management System.
** Court-circuit.