L’optimisation mathématique
2 questions à... (4)
Rail & Recherche n°23 - avril/mai/juin 2002
Rail & Recherche : Pourquoi un tel engouement de l'industrie pour la conception de systèmes d'optimisation sophistiqués ?
Michel Minoux : La mondialisation de l'économie se traduit aujourd'hui par une recherche assez obsessionnelle de productivité.
La course à la réduction des coûts est lancée, à tous les niveaux. Les gestionnaires ou les ingénieurs se retrouvent confrontés à des problèmes d'optimisation souvent très complexes, pour lesquels la règle de trois ou l'intuition ne suffisent pas. La demande de conseils et d'expertises dans ce domaine, déjà très importante aujourd'hui, ne fera que s'accroître dans les années qui viennent.
R & R : Quelles sont les techniques qui ont le plus progressé ?
M. M. : Ce sont sans doute les méthodes dites “exactes” qui ont connu récemment les progrès les plus considérables.
Ceci a ouvert la voie à la résolution effective d'applications industrielles considérées comme pratiquement non traitables il y a seulement cinq ou dix ans, que ce soit dans les transports aériens, en planification de production ou dans les télécommunications. Ces résultats ont été obtenus grâce à des avancées notables dans les techniques mathématiques et algorithmiques, comme la programmation linéaire généralisée, les techniques de plans sécants et de combinatoire polyédrique. On peut, dans tous ces domaines, attendre de la recherche académique des progrès substantiels, susceptibles de procurer aux industriels des retombées immédiates en termes de gains de productivité.


