L’optimisation mathématique
Projet 7
Excalibur : retour d'expériences
Rail & Recherche n°32 - juillet/août/septembre 2004
Trois points clignotent sur la carte de France. Un coeur d'aiguille cassé, un glissement de terrain sur la ligne Souillac-Cahors et un colis suspect qu'on vient de signaler à l'instant en gare de Gagny
Désormais et grâce à la persévérance d'Alain Lhôte, du Centre national des opérations de la SNCF, qui a travaillé d'arrache-pied au développement d'Excalibur, outil de supervision du réseau ferroviaire, cette carte est visible par tous, à tout instant. "La mise à disposition de la carte des incidents sur Intranet a beaucoup fait pour modifier les mentalités", explique Alain Lhôte qui a développé le logiciel sur le terrain aux côtés de Pascal Tariel de la Recherche. "Excalibur s'est élaboré ici même, jour après jour : aujourd'hui, il est devenu indispensable."
Dans l'ambiance feutrée du CNO, Excalibur version 4.2.3 fait des émules et à chaque visite, toujours davantage d'adeptes : "Nous avons eu la chance que le CNO soit un endroit très couru depuis son ouverture en 1 999. À chaque visite de directeurs régionaux, de Grandes Lignes ou du Fret, j'ai pu présenter et promouvoir notre travail", raconte Alain Lhôte. Toutes générations confondues, les utilisateurs d'Excalibur sont unanimes. Expérimentés ou débutants, tel Thomas Naskas, 23 ans, le benjamin du CNO, tous plébiscitent la polyvalence et la qualité d'expertise que permet le système. "Excalibur fournit tous les renseignements quel que soit le lieu ou la nature de l'incident : voie unique, double voie, 1 500 ou 25 000 volts, viaduc, PN, etc. Il offre une vision globale des 34 000 kilomètres du réseau. Il ne lui manque que la vitesse...", explique Thomas Naskas qui ne regrette que la relative lenteur du serveur actuel.
Une analyse statistique des incidents
L'un des apports essentiels d'Excalibur pour ses utilisateurs reste la constitution, depuis son démarrage il y a deux ans, d'une base de données des incidents, mémoire vive du réseau qui permet une expertise rapide et pertinente. "Là où il fallait de nombreuses années d'expérience à un agent mouvement pour déterminer la durée probable d'une perturbation et ses conséquences sur les trains impactés, Excalibur permet maintenant de répondre après seulement quelques mois de pratique", explique Alain Lhôte.
Retour au colis suspect : "le déminage est prévenu", lance Cédric Launay, un collègue, pendant qu'Alain Lhôte pianote sur le clavier : "Depuis l'ouverture d'Excalibur, nous avons enregistré près de 640 alertes aux colis suspects. Grâce aux données accumulées, le logiciel propose une durée moyenne d'incident de 42 minutes que nous allons communiquer au régulateur."
Pour Michel Clauzier qui a connu la paperasserie de l'ère précédente, l'outil est plus qu'indispensable : "Il est impossible de tout connaître de la géographie ou des spécificités du réseau : auparavant, il nous fallait consulter 10 à 12 documents différents avant de pouvoir cerner un incident. Excalibur allège cette charge de travail. Libérée des tâches rébarbatives, notre expertise s'améliore." L'apport d'Excalibur dans l'aide à la décision est irremplaçable : Michel Clauzier l'a vérifié amplement au moment des inondations catastrophiques dans la région d'Arles. "Grâce à Excalibur, nous avons pu faire un suivi très fin et un meilleur pilotage de la situation que certains PC " papiers" sur place. Si ça tombait en panne, on aurait du mal à travailler autrement."
Cédric Launay, 33 ans, n'est là que depuis deux mois. Il a été, à l'autre bout de la chaine, régulateur à Lyon puis à Paris-Nord : 'Je me sers aujourd'hui des infos que je donnais autrefois au CNO !
Les régulateurs ne connaissent pas encore bien Excalibur, l'information remonte parfois encore trop lentement parce que rentrer les dossiers JEH (Justification d'écart horaire) prend du temps. Il faut encore s'organiser, au niveau des PC, pour saisir l'info sans retarder le travail du régulateur."
Informations complémentaires : Excalibur


